Combien d'actions et ETF faut-il avoir

Combien d’actions et ETF faut-il avoir ?

Combien d’actions faut-il réellement avoir dans un portefeuille, faut-il privilégier les ETF ou les actions individuelles, et existe-t-il un nombre optimal pour être bien diversifié sans complexifier inutilement sa gestion ?

Un portefeuille équilibré repose moins sur un nombre précis d’actions que sur une diversification intelligente. En pratique, quelques ETF bien choisis ou un nombre limité d’actions suffisent à réduire le risque, sans multiplier les frais ni la complexité.

Chez Café des investisseurs, on décrypte simplement les mécanismes économiques pour que vous cessiez de subir ces sujets et que vous compreniez enfin ce qui se passe.

Avant d’empiler des lignes au hasard, prenons un moment pour comprendre ce que dit vraiment la recherche, et surtout comment l’appliquer concrètement à votre propre portefeuille.

Nombre d’actions ou ETF à posséder dans son portefeuille

Mesdames et Messieurs, bonjour ! Bienvenue dans ce nouveau point de vue où l’on va s’attaquer à la question existentielle qui hante vos nuits comme l’inflation hante celles de la Fed : « Combien d’actions faut-il vraiment avoir en portefeuille? ». Si vous pensez qu’accumuler 50 lignes fait de vous le nouveau Warren Buffett, vous risquez surtout de devenir le meilleur ami de votre courtier à cause des frais. Allez, on plonge dans les chiffres et la stratégie, sans gilet de sauvetage mais avec des sources béton, pour enfin tirer ça au clair.

Business professionals in an office setting sealing a real estate deal through a handshake.

Le mythe du « Chiffre Magique »

Commençons par tordre le cou aux vieilles croyances. Pendant des décennies, on nous a bassiné avec une règle simple issue des années 60 : 10 à 15 actions suffisent pour répondre à la question combien d’actions. C’était la conclusion des économistes Evans et Archer en 1968. À l’époque, acheter une douzaine de grosses boîtes américaines suffisait pour éliminer ce qu’on appelle le « risque non systématique » – c’est-à-dire le risque qu’un PDG parte avec la caisse ou qu’une usine brûle.

Sauf que nous sommes en 2026, et le monde a changé. La volatilité n’est plus la même et les corrélations entre les actions ont explosé. Quand le marché éternue, tout le monde attrape le Covid en même temps. Des recherches plus récentes, notamment celles de Meir Statman, ont démontré qu’il fallait monter la barre beaucoup plus haut. Aujourd’hui, le consensus académique pour un portefeuille bien diversifié tourne plutôt autour de 30 à 40 actions pour un investisseur individuel.

Pourquoi cette inflation du nombre de titres ? Parce que le risque idiosyncratique (le risque spécifique à une entreprise, vous avez appris un nouveau mot) a augmenté au fil des trente dernières années. Avant, les entreprises étaient des conglomérats géants diversifiés. Aujourd’hui, on a des « pure players » de la Tech qui peuvent perdre 40% sur un simple tweet ou une annonce de régulation sur l’IA. Si vous n’avez que 10 lignes et que l’une d’elles est le nouveau Enron ou se fait « disrupter » du jour au lendemain, votre performance globale prend l’eau.

Donc en résumé, combien d’actions il fallait dans le temps et maintenant

  • Dans les années 1960 : Des études fondatrices, comme celle d’Evans & Archer (1968), suggéraient que 10 à 15 actions suffisaient pour éliminer l’essentiel du risque diversifiable (ou risque spécifique).
  • Dans les années 1980 : Meir Statman (1987) a révisé cette recommandation à la hausse, indiquant que 30 à 40 actions étaient nécessaires. Cette augmentation était justifiée par la nécessité de compenser une volatilité spécifique plus élevée des titres individuels.
  • Études Modernes (à partir de 2010) : Avec l’augmentation des corrélations entre les marchés et les actifs, les recommandations contemporaines penchent pour une base encore plus large. Il est souvent suggéré de détenir 50 à 100 actions (ou plus) pour atteindre une diversification robuste dans l’environnement de marché actuel.

La diversification : Quand le mieux est l’ennemi du bien

Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès inverse. Peter Lynch, le gérant légendaire du fonds Magellan, a inventé un terme génial pour ça : la « Diworsification« . C’est ce moment gênant où vous ajoutez des lignes à votre portefeuille non pas pour réduire le risque, mais parce que vous ne savez pas choisir.

En 2026, la « Diworsification » prend souvent la forme d’une collectionnite aiguë d’ETF. Je vois passer des portefeuilles qui ressemblent à ça :

  • 10% ETF S&P 500
  • 10% ETF Nasdaq 100
  • 10% ETF World
  • 10% ETF Tech US

Vous pensez être diversifié ? Faux. Vous avez juste acheté quatre fois Apple, Microsoft et Nvidia avec des étiquettes différentes. Vous empilez les frais, vous complexifiez votre gestion, mais vous n’avez pas réduit votre risque d’un iota. Si la Tech US baisse, vous prenez la marée sur toutes vos lignes.

C’est là qu’il faut écouter Charlie Munger (paix à son âme) : « La diversification est une protection contre l’ignorance« . Pour Munger et Buffett, si vous savez ce que vous faites, trois ou quatre entreprises suffisent. Mais soyons honnêtes cinq minutes : vous n’êtes pas Warren Buffett, et moi non plus. Nous n’avons pas le temps de lire 500 pages de rapports annuels par jour. Donc, pour nous, la diversification reste un mal nécessaire, mais elle doit être intelligente.

stock trading, investing, stock market, forex, finance, money, crypto, bitcoin, shiba, stock market, stock market, stock market, stock market, stock market, forex, forex, forex, forex, crypto, crypto

La stratégie ETF : La paresse a du bon

Alors, comment on fait pour avoir 40 actions sans passer sa vie à analyser des bilans? On utilise les ETF, évidemment. C’est l’arme absolue de l’investisseur moderne.

Combien d’ETF? La règle du 3 à 5

Pour 95% des investisseurs, un portefeuille composé de 3 à 5 ETF est l’optimum. Au-delà, vous faites du jardinage inutile.

  • 1 ETF « Core » (Le Socle) : Un bon vieux MSCI World ou un S&P 500. C’est 70% de votre portefeuille. Vous achetez le marché, vous achetez l’économie mondiale, et vous dormez tranquille.
  • Les Satellites (Le Fun) : C’est là que vous jouez vos convictions pour 2026.

Les thèmes de 2026 : Où mettre ses billes?

Nous sommes en 2026, l’inflation fait du yoyo et la géopolitique est aussi stable qu’un tabouret à deux pieds. Il faut donc adapter les satellites :

  • L’Uranium (Ticker: URA) : L’IA a une faim de loup énergétique, et les éoliennes ne suffiront pas à nourrir les Data Centers. Le nucléaire est passé de paria à superstar.
  • Les Infrastructures Vitales : Dans un monde qui se fragmente, on revient aux fondamentaux : l’eau, l’énergie, la logistique. C’est du « boring is beautiful » mais ça paie.
  • Les émergeants : Vous avez une conviction sur l’Inde. Vous pensez que le Vénézuela va faire un turnaround d’anthologie après la chute de Maduro. Vous avez une conviction profonde, vous avez un ETF pour chaque pays, ou zone du Monde. Vous n’avez qu’à choisir.

Combien d’actions pour les stock pickers

Si vous êtes allergique aux ETF et que vous préférez le frisson du stock picking, la règle académique des 10 à 20 s’applique. Mais attention à la charge mentale. Suivre 20 entreprises, c’est lire 80 rapports trimestriels par an. Si vous avez un travail, une famille ou une vie sociale, c’est difficile.

Mon conseil ? Appliquez le sleep test (le test de l’oreiller). Si vous avez une position qui vous empêche de dormir quand elle perd 5%, c’est qu’elle est trop grosse. Si vous avez une position dont vous ne pouvez pas citer les trois derniers résultats financiers de tête, c’est qu’elle est trop petite ou que vous ne faites pas votre boulot. Alors appliquez le sleep test avant d’investir d’avantage en bourse.

Close-up of a smartphone displaying a stock trading app with market data on-screen.

Donc au final, combien d’actions faut-il avoir ?

En résumé, il n’y a pas de réponse unique, mais il y a des réponses intelligentes :

  • L’investisseur passif : 1 à 3 ETF (Monde + Obligations). Simple, efficace, imbattable sur les coûts.
  • L’investisseur mix : 3 ETF de base + un panier de 5 actions. C’est le juste milieu. Vous profitez de la hausse séculaire des indices et vous pouvez chercher un peu d’alpha supplémentaires avec quelques actions qui peuvent exploser à la hausse (ou la baisse).
  • Le stock picker : 20 à 30 actions pas plus.

N’oubliez jamais que le marché a toujours raison à la fin, la seule certitude, c’est l’incertitude. Alors diversifiez, mais ne diworsifiez pas !

Allez, on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures, et d’ici là, n’oubliez pas : si ça baisse, c’est juste que les soldes ont commencé plus tôt que prévu !

Passez une bonne journée, une bonne soirée, et à la prochaine

Retour en haut